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Michel-Ange, Les Esclaves

Michel-Ange, Les Esclaves

Michel-Ange est probablement, par la force de son génie, le sculpteur le plus célèbre, et les deux Esclaves du Louvre, les statues les plus connues du département des Sculptures. Leur odyssée résume un grand combat de Michel-Ange: conçus pour le premier projet du monument funéraire colossal de Jule II (1505) et entrepris pour le second (1513), ils seront écartés par la suite quand après la mort du pape, par souci d’économie, la conception du tombeau changea.

Jule II, qui avait rêvé d’un mausolée isolée à Saint-Pierre de Rome, n’eut droit qu’à une arcade monumentale à Saint-Pierre-aux-liens, qui abrite pourtant le célèbre Moïse, contemporain des Esclaves. Donnés par Michel-Ange à l’exilé florentin Roberto Strozzi, qui en fit hommage au roi de France, les Esclaves gagnent la France du vivant du sculpteur et sont placés successivement dans les châteaux du connétable de Montmorency à Ecouen et de Richelieu.

Qu’ils représentent les provinces soumises, les arts réduits en esclavage par la mort du pape, ou plus simplement qu’ils participent au triomphe éternel du pontife, ou symbolisent les passions asservies, ou bien, à la mode platonicienne, l’âme humaine enchaînée par les pesanteurs du corps humain, les Esclaves, comme les quatre autres de l’Académie de Florence, réalisés plus tard, vers 1531-1532, n’ont jamais été terminés.

L’inachevé, thème récurrent chez Michel-Ange, que nécessitaient autant les incertitudes d’une carrière que l’insatisfaction d’une inlassable quête d’absolu, est pourtant accepté par le maître comme une œuvre en soi: il juge les Esclaves dignes d’un don. Peut-être parce que les traces d’outils qui marquent le marbre (pics et pointes, rapes, gradines, trépan) attestent du combat contre la matière qu’est la sculpture.

Les Esclaves

L'Esclave Mourant Michel-Ange
L’Esclave Mourant Michel-Ange

Michelangelo Buonarroti dit Michel-Ange
1475-1564
Esclave Mourant
Rome, 1513-1515
Statue inachevée, marbre
H 2,09 m
Provenant des châteaux d’Ecouen et de Richelieu
Saisie révolutionnaire, entré au Louvre en 1794
MR 1590

L'Esclave Rebelle Michel-Ange
L’Esclave Rebelle Michel-Ange

Michelangelo Buonarroti dit Michel-Ange
1475-1564
Esclave Rebelle
Rome, 1513-1515
Statue inachevée, marbre
H 2,09 m
Provenant des châteaux d’Ecouen et de Richelieu
Saisie révolutionnaire, entré au Louvre en 1794
MR 1589

La déesse égyptienne Sekhmet

La déesse égyptienne Sekhmet

Les déesses à tête de lionne Sekhmet ont été créées à l’origine pour le temple funéraire du roi Aménophis III à Thèbes (celui des « Colosses de Memnon »), puis déplacées dans celui de la déesse Mout à Karnak, où elles furent retrouvées par dizaines.

Aucune des huit statues de Sekhmet n’est semblable à l’autre, ni dans le détail ni dans les dimensions. On pense que chacune serait la conjuration du mal pour un jour de l’année, et peut-être aussi la déléguée d’un sanctuaire d’Egypte accourue pour protéger le roi.

Statue Sekhmet

Sekhmet
Sekhmet
La Renommée de Biard

La Renommée de Biard

Le duc d’Epernon, gouverneur de Gascogne, avait enrichi son château de Cadillac et fait ériger dans la chapelle son mausolée funéraire à étages, sur le modèle des tombeaux royaux de Saint-Denis. Au sommet de cet édicule, se dressait la statue de la Renommée de Biard tenant d’une main la trompette de la mauvaise renommée et soufflant dans celle de la bonne. Cette iconographie devait être reprise sur certains grands tombeaux aristocratique de l’abbaye de Westminster.

Exécutée après le contrat passé avec le sculpteur en 1597, c’est une figure maniériste en équilibre précaire, dressée sur une jambe comme le Mercure de Jean Bologne. L’art de la seconde école de Fontainebleau, moins raffiné que la première dans les effets de la coiffure, insiste sur la force tournoyante des volumes dans l’espace.

Statue la Renommée de Biard

La Renommée de Biard
La Renommée de Biard

Pierre Biard
1559-1609
La Renommée
Paris, 1597
Statue bronze
H 1,77 m; L 1,20 m
Provenant de la chapelle du château de Cadillac
Saisie révolutionnaire, entré au Louvre en 1834
LP 361

La Cantoria : Tribunes des Chantres de Donatello

La Cantoria : Tribunes des Chantres de Donatello

La Cantoria, ou bien Les Tribunes des Chantres de Donatello, considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la Première Renaissance à Florence, a été sculpté entre 1433 et 1438 et mesure 348x570x98 cm.

La Cantoria de Donatello a été sculpté pour la Cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence, et est conservé aujourd’hui au Museo dell’Opera del Duomo de Florence.

La Cantoria de Donatello

La Cantoria
La Cantoria
Vierge à L’Enfant, ou Madone, de Donatello

Vierge à L’Enfant, ou Madone, de Donatello

La personnalité de Donatello résume à elle seule toutes les redécouvertes et l’inventivité de la Renaissance; ampleur monumentale de la statuaire y compris équestre, expression du portrait, profondeur de la perspective dans le relief, force incisive de la ciselure du bronze.

Les Vierges à l’Enfant de Donatello donnent souvent une image tragique, où le sentiment prémonitoire de la Passion l’emporte sur la tendresse. Ici les deux profils de la Vierge au long cou et de l’Enfant qui s’en détourne se détachent sur un fond de draperie, qui donne, en jouant avec le siège du premier plan, l’illusion de la profondeur.

Vierge à L’Enfant, Madone

Vierge à l'enfant
Vierge à l’enfant

Donato di Nicolo Bardi dit Donatello
1386-1466
Vierge à L’Enfant
Florence?
vers 1440
Relief, terre cuite polychrome
H 1,02 m; L 0,74 m; P 0,12 m
Acq. 1880
RF 353

Le Jeune Fleuve de Pierino da Vinci

Le Jeune Fleuve de Pierino da Vinci

Ce jeune fleuve qui tient un vase d’où coule l’eau, soutenu par trois enfants, était destiné au collectionneur Luca Martini qui le donna à la duchesse de Toscane, Eléonore de Tolède, laquelle l’offrît à son frère qui le plaça dans son jardin napolitain.

Œuvre d’un sculpteur marqué par le destin, selon Vasari, d’une vie brève et d’une parenté avec le célèbre Léonard, elle est significative d’une personnalité qui se cherche, entre les réminiscences classiques et la fascination de Michel-Ange.

Avec une virtuosité raffinée et un plaisir teinté de mélancolie, il traduit la souplesse d’un corps juvénile. Poésie hédoniste, cette œuvre, le jeune fleuve de Pierino da Vinci, participe par son rythme et ses courbes, au mouvement qui va donner naissance au maniérisme.

Le Jeune Fleuve et trois enfants

Jeune fleuve et trois enfants
Jeune fleuve et trois enfants

Pierino da Vinci
Vers 1531-1554
Jeune fleuve et trois enfants
Pise, vers 1548
Groupe, marbre
H 1,35 m; L 0,48 m
Legs Schlichting, 1915
RF 1623

David par Michel-Ange

David par Michel-Ange

DavidTraditionnellement, David a été dépeint après sa victoire, triomphant de Goliath. Verrocchio et Donatello ont représentés debout sur la tête décapitée de Goliath. Michel-Ange a représenté David avant la bataille.

David est tendu, mais pas tellement sur le plan physique que dans un sens mental. La fronde qu’il porte sur son épaule est presque invisible, en soulignant que la victoire de David était le résultat de l’habileté, et non la force.

Michel-Ange était un citoyen de la ville-Etat de Firenze (Florence). L’Etat national de l’Italie est très jeune, et dans le temps la statue a été réalisée (entre 1501 et 1504), le pouvoir résidait avec les différentes villes.

Florence était entourée d’ennemis d’autant plus fort et plus nombreux. Lorsque la statue de David a été mise sur le parvis de l’hôtel de ville, les habitants de Firenze ont immédiatement identifié sa touche qui vise à impressionner les ennemis.

Pour eux, David était un symbole représentant force et colère. La statue a  des connotations politiques pour la ville-Etat qui avait récemment rejeté la décision de la famille des Médicis. Les traits de caractère de David, sont considérés comme plus importants que sa victoire sur Goliath, ce qui explique pourquoi Michel-Ange a dépeint avant la bataille, volontaire et prêt à se battre.