Étiquette : toile

Portrait de Balthazar Castiglione, de Raphaël

Portrait de Balthazar Castiglione, de Raphaël

Le mécénat pontifical, qui a su attirer à Rome de longue date tout ce que l’Italie compte en maîtres fameux depuis Giotto, culmine avec l’élection au Saint-Siège de Jules II et de Léon X, qui retiennent auprès d’eux Bramante, Michel-Ange et Raphaël (1508-1520).

Vaillant soldat et fin lettré, Balthazar Castiglione est le parangon du gentilhomme de la Renaissance. Son « Traité du Courtisan », publié en 1528, reflète un idéal de perfection esthétique et spirituelle bien proche de celui que Raphaël atteint en peinture.

Le portrait de Balthazar Castiglione, qui allie la magnificence du costume et la profondeur psychologique, est le plus beau témoignage de l’amitié qui lie les deux hommes.

Balthazar Castiglione de Raphael

Portrait de Baldassare Castiglione
Portrait de Baldassare Castiglione

Raffaello Santi, dit Raphaël
1483-1520
Portrait de Balthazar Castiglione (1478-1529)
Toile
H 82 cm; L 67 cm
INV 611

La Mort de la Vierge, Le Caravage

La Mort de la Vierge, Le Caravage

Peint pour l’église Santa Maria della Scala à Rome, le tableau fut refusé pour les raisons mêmes qui font du Caravage le grand rénovateur de la peinture religieuse: l’introduction du quotidien le plus humble dans la représentation sacrée.

Le clergé, choqué par le réalisme peu orthodoxe de la Vierge, ne comprit pas de quel frappant message d’humanité était porteur ce cadavre de jeune femme aux jambes gonflées.

Dans la pénombre d’un espace dépouillé, magnifié par la grande tenture rouge, un rayon de lumière sculpte les corps, selon la formule du clair-obscur expressif inventé par Caravage.

La Mort de la Vierge, Le Caravage

Mort de la Vierge
Mort de la Vierge

Michelangelo Merisi, dit Le Caravage
vers 1571-1610
La Mort de la Vierge
1605-1606
Toile
H 3,69 m; L 2,45 m
INV 54

Le livre des Morts Egyptiens

Le livre des Morts Egyptiens

Les livres égyptiens étaient écrits sur des bandes de papyrus qui pouvaient atteindre plusieurs mètres de longueur, et que l’on déroulait et enroulait au fur et à mesure de la lecture. L’écriture est répartie en colonnes ou en pages de lignes.

Il n’y a guère que les livres funéraires qui soient illustrés, comme ce bel exemplaire du « Livre des Morts« ; au début est représentée la scène de l’enterrement qui, grâce au format du papyrus, peut s’étendre en longueur pour le convoi des obsèques et les étapes de la cérémonie.

En France, le Louvre conserve le livre des morts égyptiens mais également d’autres ouvrages religieux, des lettres, des livres de comptabilité, des contrats et même des fragments d’œuvres littéraires.

livre des morts egyptiens
livre des morts egyptiens
La peinture murale

La peinture murale

Une peinture murale est une œuvre d’art peinte ou appliquée directement sur un mur, un plafond ou une autre grande surface. La peinture murale est l’ancêtre de l’art de la peinture. Dans une peinture murale, les éléments architecturaux de l’espace de peinture sont harmonieusement intégrés au tableau.

Le support de la peinture murale est la pierre, le béton, la brique, le plâtre, les matériaux de l’architecture. Le peintre peint directement sur le support. Quelques peintures murales sont peintes sur de grandes toiles qui seront ensuite fixés au mur (par exemple, avec marouflage).

Que ces travaux peuvent être justement appelé «fresques» est un sujet de controverse dans le monde de l’art, mais la technique a été d’usage courant depuis la fin du 19e siècle.

Peintures murales en Europe

Peinture d'une Trabant passant le Mur de Berlin
Peinture d’une Trabant passant le Mur de Berlin
Peinture murale à Orgosolo, Sardaigne
Peinture murale à Orgosolo, Sardaigne
Clussais-La légende de Mélusine-fresque d'Armand Langlois
Clussais-La légende de Mélusine-fresque d’Armand Langlois
Façade du restaurant Zum Husaren à Garmisch-Partenkirchen
Façade du restaurant Zum Husaren à Garmisch-Partenkirchen
Le Printemps ou La Primavera de Sandro Botticelli

Le Printemps ou La Primavera de Sandro Botticelli

le Printemps de BotticelliRéalisé pour la Villa de Castello, à la demande de Lorenzo di Pierfranco, de la branche cadette des Médicis, le Printemps constitue le pendant de la Naissance de Vénus . Cette œuvre, dont l’allégorie reste encore discutée, constitue un sommet de l’inspiration humaniste qui animait la cour de Laurent de Médicis.

Du dédale philosophique où, à la Renaissance, se mêlent mystères et mythes païens et chrétiens – et que les écrits ne nous retracent que très partiellement – naît une théologie poétique qui imprègne les œuvres majeures de cette époque.

Élève du poète Politien et du philosophe Marsile Ficin, le mécène de Botticelli a sans doute fortement orienté la composition du tableau.

Une composition en frise

De gauche à droite, personnages et groupes sont juxtaposés sans qu’aucun lien narratif ne semble les unir. Seul le bois chargé de fruits et le gazon semé de fleurs assurent l’unité de la scène. C’est ainsi que sont disposées côte à côte les figures monumentales de Mercure, des trois Grâces, de Vénus et de l’Amour aveugle et enfin de celle du groupe associant Zéphir, une nymphe et Flore.

Poésie païenne et amour divin

L’interprétation la plus proche de Ficin propose de voir, dans la scène de droite, la métamorphose de la nymphe Chloris en Flore, sous le souffle de Zéphyr. Laurent de Médicis, dans ses poèmes, parle du printemps comme de la saison où «Flore pare le monde de fleurs». Ces fleurs, précisément, sortent de la bouche de Chloris. La relation étroite et étrange qui unit spatialement les deux femmes invitent à retenir cette version ovidienne.

Au centre, Vénus, austère et mélancolique, incarne la concorde et l’harmonie. Mais son fils, Amour, apparaît sous une nature moins douce. C’est encore chez Ficin que l’on peut trouver la clé de cette image: «Comme l’âme est la mère d’Amour, Vénus est identique à l’âme et Amour est l’énergie de l’âme.»

Visées par la flèche enflammée de l’Amour, les trois Grâces forment un groupe complexe subtilement relié à Mercure qui, de son caducée, dissipe les «nuages de l’esprit», selon Boccace. Guide des Grâces, mais aussi des âmes, Mercure – vêtu d’une étoffe ornée de flammes renversées évoquant peut-être l’amour divin – conduit celles-ci vers l’au-delà. Toutefois sa pose déhanchée inciterait plutôt à voir en lui le dieu «ingénieux» des humanistes, celui de l’érudition, celui qui, de sa baguette, révèle la connaissance hermétique. Tournant le dos au monde, les yeux levés vers le ciel, Mercure, suivi du regard par la Grâce de la Chasteté, mène les esprits vers l’amour divin.

L’Astronome de Johannes Vermeer

L’Astronome de Johannes Vermeer

Astronome de VermeerSigné et daté de 1668, l‘Astronome est un des rares tableaux de Vermeer (Johannes Vermeer de Delft) à mettre en scène un personnage masculin.
Légèrement dressé sur sa chaise, tourné vers la fenêtre lumineuse, l’astronome se tourne vers l’extérieur, comme l’y invite son activité professionnelle.
Construite en légère contre-plongée, la mise en page est caractéristique de la plupart des toiles de Vermeer : un premier plan occupé par le tapis de table conduit le regard vers un horizon géométrique haut placé. Le mur du fond, très rapproché, concentre l’attention sur la sphère inondée de lumière. Vêtu de bleu céleste comme la muse Uranie, qui, selon l’Iconologie de Cesare Ripa, patronne les «hommes savants», l’astronome est entouré de livres.
Cet homme de science occupait alors une place centrale dans les querelles entre catholiques et calvinistes. Ces derniers, particulièrement hostiles à la recherche scientifique et plus spécialement à l’astronomie, prétendaient en effet que l’homme devait se défier de la connaissance. Vermeer, quant à lui, avait des amitiés dans le milieu scientifique, dont Christiaan Huygens, mathématicien et physicien connu surtout pour sa théorie ondulatoire de la lumière, mais également astronome, fut une figure de premier plan.
Les calvinistes puisaient leurs arguments contre les astronomes dans l’Ancien Testament, et notamment dans une exhortation de Moïse au peuple hébreu, ce qui est à rapprocher du tableau aperçu sur le mur, Moïse sauvé des eaux. Quoi qu’il en soit, l’Astronome, comme son pendant, le Géographe, exprime l’admiration de Vermeer pour l’étude et l’observation.